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INTERVIEWS - DÉCIDEURS

Jonathan Galkin (DFA Records) : « L'organisation d'événements devrait constituer une des parts importantes de notre activité »

Jonathan Galkin (DFA Records) : « L'organisation d'événements devrait constituer une des parts importantes de notre activité » En 2001, à New York, James Murphy (musicien, producteur, DJ et leader de LCD Soundsystem) et Tim Goldsworthy (DJ, producteur et musicien, précédemment co-fondateur de Mo'Wax) veulent monter un label. Et c'est avec Jonathan Galkin, qui deviendra directeur de la structure, que les deux hommes vont créer DFA Records.
Retour sur les dix ans d'existence de la structure avec J. Galkin, en cette année de dixième anniversaire, qui a vu le retour de The Rapture et la fin de LCD Soundsystem.

Musique Info : L'actualité de DFA Records, c'est le dixième anniversaire du label avec à Paris, la soirée We Love DFA au 104 le 19 novembre avec The Rapture, Shit Robot, Yacht ou Juan MacLean (organisée par We Love et Pi-Pole avec le soutien de Coop). Qu'avez-vous prévu d'autres pour cette célébration ?

Jonathan Galkin : Nous organiserons différents événements autour du monde : à Barcelone, New York, en Australie..., cette année et l'année prochaine.

M.I. : Organiser des événements fait-il partie des activités que vous souhaitez développer ?
J. G. : J'aime m'occuper du label et de l'A&R, James Murphy aime créer des événements. Maintenant que LCD Soundsystem s'est arrêté, il veut passer du temps à créer des événements dans le monde. Nous n'en avons pas organisé beaucoup, mais cela semble le bon moment pour le faire. Au fil des années nous avons rencontré des promoteurs dont nous sommes proches. Nous avons beaucoup d'artistes et de DJ, qui nous permettraient de faire de belles fêtes. Cela devrait constituer une des parts importantes de notre activité à l'avenir.

M. I. : Remontons un peu dans le temps : comment s'est passé le lancement du label ?
J. G. : Au début, on n'avait aucune idée de ce qu'on faisait ! Nous avions un studio d'enregistrement où nous avons enregistré la chanson House Of the Jealous Lovers de The Rapture en 2001, et cette chanson a lancé le label très vite, donc il a fallu apprendre très rapidement. On avait sorti ce titre en vinyle. Il n'y avait pas iTunes, ni de blogs musicaux, il n'y avait que Napster. C'était une période, où on pouvait vendre beaucoup de vinyles. Ensuite, The Rapture est parti chez Universal et ils sont revenus cette année avec un album incroyable, donc la boucle est bouclée. Nous sommes passés d'un hobby à un travail professionnel à plein temps.

M. I. : Comment s'est passé le retour de The Rapture ?
J. G. : DFA est comme une famille, qui s'est agrandie au fil du temps. Les membres de The Rapture ont réalisé l'importance d'une famille. Ils ont sorti deux albums chez Universal, où les personnes avec qui ils travaillaient allaient et venaient, et ensuite Luke, le chanteur, est venu me voir en me disant : « Je veux revenir à la maison ! ». Nous étions tous contents de nous retrouver, et le timing était étrange, juste l'année de notre dixième anniversaire. Et je dois remercier la France pour tout le soutien au nouvel album de The Rapture, c'est devenu je crois notre plus gros marché. La France est un marché difficile et quand tout se passe bien, c'est génial.

M. I. : Parmi les changements importants, vous avez cessé votre collaboration avec EMI pour rejoindre Cooperative Music (en contrat de licence). Quelles sont les raisons de ce changement ?
J. G. : Nous avons travaillé de 2004 à 2009 avec EMI. Nous avions un « label deal » pour le monde et cela marchait très bien. EMI nous a beaucoup soutenu, il y avait beaucoup de monde et tous étaient très enthousiastes. En 2009, il y a eu beaucoup de licenciements, beaucoup de personnes avec lesquelles on travaillait sont partis. Ensuite, nous avons été rattachés à Parlophone et personne ne comprenait bien DFA, et même avec le succès du dernier LCD Soundsystem, EMI ne semblait pas motiver pour continuer, donc nous nous sommes séparés.

M. I. : Concernant également l'histoire du label, j'ai lu que Tim Goldsworthy, co-fondateur du label, serait parti il y a quelque temps. Qu'en est-il exactement ?
J. G. : Tim est retourné vivre en Angleterre pour rejoindre sa famille, et personne n'a eu de nouvelles de lui depuis. C'était il y a deux ans. Il a disparu ! Nous avons déduit qu'il ne voulait plus faire partie de l'aventure. C'était très étrange. Nous étions amis. Il avait eu des problèmes avec James en tant que producteurs partenaires, mais ce sont des choses qui arrivent arrive et ça aurait pu s'arranger.

M. I. : Quel artiste a réalisé les meilleures ventes du label au cours de ces dix années ?
J. G. : LCD Soundsystem, avec environ 500 000 exemplaires vendus de chaque album.

M. I. : Avez-vous donc des craintes quant à l'avenir du label, suite à l'arrêt du groupe survenu cette année ?

J. G. : Oui et non. C'est terrifiant de perdre notre plus gros artiste, mais cela laisse de la place à d'autres artistes qui pourront grandir, et James aura davantage de temps pour se consacrer au label et aider les artistes en leur transmettant son savoir.

M. I. : Quelles seront les prochaines sorties du label ?
J. G. : En 2012, nous sortirons nous sortirons notamment l'album solo de Joe Goddard (un des chanteurs de Hot Chip), le 2e album de Prinzhorn Dance School et un album de Benoit & Sergio.

M. I. : En 2007, vous aviez créé un sous label, Death From Abroad, dédié aux artistes non américains. Avez-vous de nouvelles sorties sur ce label ?
J. G. : Nous n'avons rien sorti depuis quelque temps. Nous devenons de plus en plus international, donc nous n'avons plus besoin de séparer autant les artistes. Au début nous étions centrés sur New York, mais aujourd'hui nos artistes viennent du monde entier et désormais tout sort sur DFA, c'est plus simple de gérer un seul label.

12/10/11


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