INTERVIEWS - DÉCIDEURS
Après le rachat en décembre 2008 par AWPG, la société d'Arthur, la radio rock se réorganise. Emmanuel Rials, qui fut notamment directeur des réseaux Fun Radio et RTL 2, fait le point sur les changements et les objectifs de Ouï FM.
Arthur vient de vous nommer directeur général de Ouï FM. Qu'est-ce qui vous a incité à accepter ce poste ?
Plusieurs choses. La première : c'est un pari exceptionnel. Ouï FM est une très belle marque avec un très gros potentiel. Par ailleurs, je connais Arthur depuis un peu plus de vingt ans - nous nous sommes rencontrés chez Skyrock, dont je dirigeais le réseau - et je sais que c'est un garçon talentueux, donc cela donne une valeur supplémentaire à ce pari.
Le poste de dg était occupé juste avant par Michael Gentile et il y a quelques mois, dans CB News, Arthur disait que celui-ci resterait à la tête de la station. Pourquoi n'est-il finalement pas resté ?
Michael Gentile s'occupait de Ouï FM depuis une douzaine d'années, me semble-t-il, tout en ayant des activités dans le cinéma et il souhaitait, déjà depuis un certain temps afin de s'y investir pleinement. Par ailleurs, il n'a pas quitté le giron puisqu'il est conseiller d'Arthur.
Avez-vous été surpris de voir Arthur racheter Ouï FM ou s'agissait-il d'un projet de longue date ?
Je ne sais pas si c'était un projet de longue date, mais ce n'était pas une surprise. C'est une radio qu'il a toujours écoutée, même s'il n'y a jamais travaillé. Le rachat est une opportunité qui s'est présentée.
Peut on envisager que le président de la radio soit également animateur ?
Je ne pense pas qu'il sera à l'antenne de manière permanente. Il interviendra probablement à titre exceptionnel sur certaines émissions. Pourquoi pas dans le jury de Ouï Love Myspace.
On voit qu'Arthur s'entoure de personnes avec qui il a travaillé comme Princesse Jade ou Bob. Y aura-t-il d'autres arrivées sur l'antenne ou dans l'équipe ?
A priori non, la grille est quasiment complète. Elle est assez stabilisée et à présent il faut la faire prospérer.
Et comment allez-vous vous y prendre ?
Nous allons communiquer sur les différentes caractéristiques de Ouï FM, sur le fait que c'est une radio génétiquement rock et ceci depuis plus de vingt ans. Nous apprécions ce format musical, nous n'allons donc rien changer. En plus le rock a vraiment le vent en poupe en ce moment.
Sur Facebook, s'est monté un groupe « Sauvons Ouï FM », qui dit ne pas vouloir d'un « NRJ bis ». Leurs initiateurs ont-ils des raisons de s'inquiéter ?
Ce sont souvent des réflexions de professionnels à professionnels qui ne sont pas du tout le reflet de ce que pense le public. Nous avons des indices qui montrent que l'audience progresse. Ces craintes ne sont pas justifiées du tout. On a entendu pleins de choses à l'arrivée d'Arthur : qu'il y aurait des modifications sur la programmation, qu'il ferait venir uniquement ses amis artistes. Or, depuis, tout le monde a entendu les modifications : il y a davantage de rock. Nous renforçons la proposition de références rock notamment en matière de classic rock. Nous développons tout ce qui est modern rock, alternatif. Nous avons amplifié tous les paris initiés déjà au sein de la radio autour d'artistes comme Kings Of Leon, The Killers, Franz Ferdinand... et nous continuons aujourd'hui.
Quels aménagements dans la grille avez-vous proposé ?
Nous n'avons fait que quelques aménagements. Il y a eu certains glissements de tranche, par exemple le fait de pouvoir écouter deux animatrices de 10 h à 17 h (Princesse Jade, de 10 h à 13 h30, suivie de Linda Lorin), ce qui n'existait pas avant. Il y a également la création de l'émission Ouï Love MySpace. Les animateurs emblématiques sont toujours présents : Josquin, Dom Kiris, Linda Lorin... Seuls deux animateurs, Christophe Crénel et Sandrine Vandel, ont souhaité prendre des chemins différents.
Qui a eu l'idée de créer cette nouvelle émission Ouï Love MySpace ?
C'est une discussion commune avec MySpace. Ils souhaitaient faire quelque chose avec une radio, et nous avions le souhait de travailler avec un site communautaire musical.
Avec comme concept de diffuser des groupes émergents qui s'affrontent lors de battles et de faire voter leurs fans et les auditeurs.
Oui et d'accorder à ces artistes une place à un bel horaire (18h - 20 h). De pouvoir découvrir les talents sur MySpace et d'en faire profiter les auditeurs.
Vous avez changé le slogan de la station. Quelles sont les principales modifications que vous comptez apporter notamment dans l'organisation interne de la société ?
Il y aura des mouvements de salariés cette année, mais pas plus ni moins que dans la vie d'une radio classique. Il n'y a pas de plan social. Nous avons évidemment le souhait d'optimiser nos charges. Nous traversons tous une grosse crise et il faut arriver à passer entre les gouttes pendant toute cette année.
Quels sont vos objectifs cette année ?
Nous voulons favoriser le retour des auditeurs. Ils ne sont pas allés écouter d'autres radios, les radios ne s'échangent pas leurs auditeurs. Une bonne partie des auditeurs a changé ses habitudes d'écoute et privilégie l'iPod ou le net. Il ne s'agit pas de les faire revenir simplement en faisant de belles campagnes, cela ne suffit pas, il faut avoir une jolie offre. Ouï Love MySpace fait partie de cette offre. Les auditeurs peuvent intervenir directement, alors que d'habitude cette interaction n'est possible que sur le net ou sur un iPod. Le deuxième objectif sera de retrouver une très bonne place dans les sondages d'Île-de-France. Pour cela, nous restons sur les fondamentaux : une radio parisienne positionnée sur le rock. En tournant autour de ces fondamentaux, nous pourrons redonner à Ouï FM l'audience qu'elle a connue dans le passé. Aujourd'hui, elle réalise 2,2 points, alors qu'elle a connu des audiences supérieures à 5 points. Nous souhaitons absolument renouveler avec ce succès et faire de Ouï FM une des premières radios à Paris. Le troisième objectif sera de nous développer au niveau national. Nous attendons les résultats des attributions de fréquences pour la RNT. Nous faisons partie de ceux qui croient à la radio numérique.
Et concernant le réseau analogique, Arthur affirmait que de nouvelles fréquences dans des grandes villes seraient attribuées et annoncées d'ici cet été. Avez-vous des détails à ce sujet ?
Ce sera selon les opportunités. Nous discutons avec certaines radios, nous verrons si nous pouvons faire aboutir certains accords ou pas.
Aujourd'hui en France parlait d'un rachat d'un réseau multivilles.
Ce serait une des idées mais pas exclusivement. Il faudra attendre pour plus de détails.
Comment comptez-vous accroître les rentrés publicitaires sur un marché difficile ?
Nous faisons absolument comme tous les médias aujourd'hui. On essaie d'être créatifs, de trouver des bons emplacements publicitaires, d'adapter nos tarifs, de pouvoir créer des opérations spéciales... Beaucoup de créativité. Ces recettes publicitaires sont évidemment un enjeu majeur. Elles sont mécaniquement liées à notre audience et nous travaillons donc activement pour la développer.
Propos recueillis par Sébastien Peyraud
Emmanuel Rials (Ouï FM)
Après le rachat en décembre 2008 par AWPG, la société d'Arthur, la radio rock se réorganise. Emmanuel Rials, qui fut notamment directeur des réseaux Fun Radio et RTL 2, fait le point sur les changements et les objectifs de Ouï FM.Arthur vient de vous nommer directeur général de Ouï FM. Qu'est-ce qui vous a incité à accepter ce poste ?
Plusieurs choses. La première : c'est un pari exceptionnel. Ouï FM est une très belle marque avec un très gros potentiel. Par ailleurs, je connais Arthur depuis un peu plus de vingt ans - nous nous sommes rencontrés chez Skyrock, dont je dirigeais le réseau - et je sais que c'est un garçon talentueux, donc cela donne une valeur supplémentaire à ce pari.
Le poste de dg était occupé juste avant par Michael Gentile et il y a quelques mois, dans CB News, Arthur disait que celui-ci resterait à la tête de la station. Pourquoi n'est-il finalement pas resté ?
Michael Gentile s'occupait de Ouï FM depuis une douzaine d'années, me semble-t-il, tout en ayant des activités dans le cinéma et il souhaitait, déjà depuis un certain temps afin de s'y investir pleinement. Par ailleurs, il n'a pas quitté le giron puisqu'il est conseiller d'Arthur.
Avez-vous été surpris de voir Arthur racheter Ouï FM ou s'agissait-il d'un projet de longue date ?
Je ne sais pas si c'était un projet de longue date, mais ce n'était pas une surprise. C'est une radio qu'il a toujours écoutée, même s'il n'y a jamais travaillé. Le rachat est une opportunité qui s'est présentée.
Peut on envisager que le président de la radio soit également animateur ?
Je ne pense pas qu'il sera à l'antenne de manière permanente. Il interviendra probablement à titre exceptionnel sur certaines émissions. Pourquoi pas dans le jury de Ouï Love Myspace.
On voit qu'Arthur s'entoure de personnes avec qui il a travaillé comme Princesse Jade ou Bob. Y aura-t-il d'autres arrivées sur l'antenne ou dans l'équipe ?
A priori non, la grille est quasiment complète. Elle est assez stabilisée et à présent il faut la faire prospérer.
Et comment allez-vous vous y prendre ?
Nous allons communiquer sur les différentes caractéristiques de Ouï FM, sur le fait que c'est une radio génétiquement rock et ceci depuis plus de vingt ans. Nous apprécions ce format musical, nous n'allons donc rien changer. En plus le rock a vraiment le vent en poupe en ce moment.
Sur Facebook, s'est monté un groupe « Sauvons Ouï FM », qui dit ne pas vouloir d'un « NRJ bis ». Leurs initiateurs ont-ils des raisons de s'inquiéter ?
Ce sont souvent des réflexions de professionnels à professionnels qui ne sont pas du tout le reflet de ce que pense le public. Nous avons des indices qui montrent que l'audience progresse. Ces craintes ne sont pas justifiées du tout. On a entendu pleins de choses à l'arrivée d'Arthur : qu'il y aurait des modifications sur la programmation, qu'il ferait venir uniquement ses amis artistes. Or, depuis, tout le monde a entendu les modifications : il y a davantage de rock. Nous renforçons la proposition de références rock notamment en matière de classic rock. Nous développons tout ce qui est modern rock, alternatif. Nous avons amplifié tous les paris initiés déjà au sein de la radio autour d'artistes comme Kings Of Leon, The Killers, Franz Ferdinand... et nous continuons aujourd'hui.
Quels aménagements dans la grille avez-vous proposé ?
Nous n'avons fait que quelques aménagements. Il y a eu certains glissements de tranche, par exemple le fait de pouvoir écouter deux animatrices de 10 h à 17 h (Princesse Jade, de 10 h à 13 h30, suivie de Linda Lorin), ce qui n'existait pas avant. Il y a également la création de l'émission Ouï Love MySpace. Les animateurs emblématiques sont toujours présents : Josquin, Dom Kiris, Linda Lorin... Seuls deux animateurs, Christophe Crénel et Sandrine Vandel, ont souhaité prendre des chemins différents.
Qui a eu l'idée de créer cette nouvelle émission Ouï Love MySpace ?
C'est une discussion commune avec MySpace. Ils souhaitaient faire quelque chose avec une radio, et nous avions le souhait de travailler avec un site communautaire musical.
Avec comme concept de diffuser des groupes émergents qui s'affrontent lors de battles et de faire voter leurs fans et les auditeurs.
Oui et d'accorder à ces artistes une place à un bel horaire (18h - 20 h). De pouvoir découvrir les talents sur MySpace et d'en faire profiter les auditeurs.
Vous avez changé le slogan de la station. Quelles sont les principales modifications que vous comptez apporter notamment dans l'organisation interne de la société ?
Il y aura des mouvements de salariés cette année, mais pas plus ni moins que dans la vie d'une radio classique. Il n'y a pas de plan social. Nous avons évidemment le souhait d'optimiser nos charges. Nous traversons tous une grosse crise et il faut arriver à passer entre les gouttes pendant toute cette année.
Quels sont vos objectifs cette année ?
Nous voulons favoriser le retour des auditeurs. Ils ne sont pas allés écouter d'autres radios, les radios ne s'échangent pas leurs auditeurs. Une bonne partie des auditeurs a changé ses habitudes d'écoute et privilégie l'iPod ou le net. Il ne s'agit pas de les faire revenir simplement en faisant de belles campagnes, cela ne suffit pas, il faut avoir une jolie offre. Ouï Love MySpace fait partie de cette offre. Les auditeurs peuvent intervenir directement, alors que d'habitude cette interaction n'est possible que sur le net ou sur un iPod. Le deuxième objectif sera de retrouver une très bonne place dans les sondages d'Île-de-France. Pour cela, nous restons sur les fondamentaux : une radio parisienne positionnée sur le rock. En tournant autour de ces fondamentaux, nous pourrons redonner à Ouï FM l'audience qu'elle a connue dans le passé. Aujourd'hui, elle réalise 2,2 points, alors qu'elle a connu des audiences supérieures à 5 points. Nous souhaitons absolument renouveler avec ce succès et faire de Ouï FM une des premières radios à Paris. Le troisième objectif sera de nous développer au niveau national. Nous attendons les résultats des attributions de fréquences pour la RNT. Nous faisons partie de ceux qui croient à la radio numérique.
Et concernant le réseau analogique, Arthur affirmait que de nouvelles fréquences dans des grandes villes seraient attribuées et annoncées d'ici cet été. Avez-vous des détails à ce sujet ?
Ce sera selon les opportunités. Nous discutons avec certaines radios, nous verrons si nous pouvons faire aboutir certains accords ou pas.
Aujourd'hui en France parlait d'un rachat d'un réseau multivilles.
Ce serait une des idées mais pas exclusivement. Il faudra attendre pour plus de détails.
Comment comptez-vous accroître les rentrés publicitaires sur un marché difficile ?
Nous faisons absolument comme tous les médias aujourd'hui. On essaie d'être créatifs, de trouver des bons emplacements publicitaires, d'adapter nos tarifs, de pouvoir créer des opérations spéciales... Beaucoup de créativité. Ces recettes publicitaires sont évidemment un enjeu majeur. Elles sont mécaniquement liées à notre audience et nous travaillons donc activement pour la développer.
Propos recueillis par Sébastien Peyraud




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