INTERVIEWS - DÉCIDEURS
Le patron de la société de distribution numérique Believe, fraîchement élu à la présidene du Snep, donne ses premières impressions à Musique Info. Extrait d'un entretien à paraître dans le numéro 519 de notre mensuel.
Musique Info : Comment en êtes-vous venu à présider le syndicat des producteurs de phonogrammes alors que vous êtes à la tête d’une société qui distribue les contenus ?
Denis Ladegaillerie : David El Sayegh, le directeur général du Snep, a évoqué cette possibilité et m’en a parlé, il y a quelques mois. J’étais assez réticent, au début, car intéressé par l’idée mais déjà bien occupé par Believe. Or, présider le Snep demande du temps. Ce qui m’a décidé, c’est lorsqu'on m'a proposé la formation d’un binôme avec Olivier Montfort, président d'EMI Music France. Ce binôme permet d’envoyer un signal fort, qui est que le Snep a bien compris que la mutation et la numérisation étaient au cœur de l’évolution des modèles, et qu’il faut aider l’ensemble de la profession à s’adapter à cette transition.
M. I. : Ne craignez-vous pas que le choix d’un profil comme le vôtre suscite les critiques en interne, d'autant que vous n’avez pas toujours été tendre avec les majors ?
D. L. : Le business model de Believe est basé, effectivement, sur le choix de ne pas produire de musique. Néanmoins, nous distribuons et représentons de nombreux petits producteurs. Ainsi, même si nous ne sommes pas plongés dedans, nous connaissons bien les problématiques des producteurs. Et puis je me suis demandé si les intérêts des majors, des indépendants et de distributeurs tels que nous étaient vraiment convergents. Dans 99 % des cas, la réponse est positive. On m’a déjà fait remarqué, depuis mon élection, que j’avais souvent pointé la responsabilité des majors dans le ralentissement du marché numérique. Ce sont des propos que je ne m'interdis pas de tenir à nouveau, parce que c’est une réalité et que l’objectif est de faire avancer les choses. Maintenant, est-ce que les majors portent à elles seules la responsabilité de ce ralentissement ? La réponse est : « non ». Même si elles avaient été plus rapide sur les DRM et la disponibilité des catalogues, le marché aurait peut-être été de 20 ou 30 % plus important, mais n’aurait certainement pas pesé le double de ce qu'il pèse aujourd'hui.
M. I. : Envisagez-vous un travail plus collaboratif avec l’Ufpi ?
D. L. : Mon intention est de clarifier les discours des producteurs auprès du gouvernement et des politiques, d’un côté, et du public, de l’autre. Je suis convaincu qu’il y a peu de divergence d'intérêt avec les indépendants. Donc l’un des chantiers et de touver une voie commune avec l’Upfi sur le plus de sujets possibles, car cela participera, à mon sens, à la clarification du discours. Il me paraît important d'établir des prises de position communes avec l’Upfi.
M. I. : Clarifier le message auprès du public, par quoi cela passerait-il ?
D. L. : Par le biais, notamment, d’un axe de travail : établir des passerelles avec d’autres syndicats, comme ceux de la presse, de l’édition et du livre. Car je pense que leurs problématiques face à la numérisation sont strictement identiques aux nôtres. C’est important que de faire comprendre à tout le monde que les solutions que l’on met en place pour la musique vont être déterminantes pour les autres industries. Et puis il faut clarifier le discours sur ce qu’est une industrie de production de contenu : quel est son modèle ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la répartition dans la chaîne de valeur ? Combien gagne un artiste ?...
Recueilli par Romain Berrod
02/07/10
Denis Ladegaillerie (Snep) : « Il me paraît important d'établir des prises de position communes avec l'Upfi »
Le patron de la société de distribution numérique Believe, fraîchement élu à la présidene du Snep, donne ses premières impressions à Musique Info. Extrait d'un entretien à paraître dans le numéro 519 de notre mensuel.Musique Info : Comment en êtes-vous venu à présider le syndicat des producteurs de phonogrammes alors que vous êtes à la tête d’une société qui distribue les contenus ?
Denis Ladegaillerie : David El Sayegh, le directeur général du Snep, a évoqué cette possibilité et m’en a parlé, il y a quelques mois. J’étais assez réticent, au début, car intéressé par l’idée mais déjà bien occupé par Believe. Or, présider le Snep demande du temps. Ce qui m’a décidé, c’est lorsqu'on m'a proposé la formation d’un binôme avec Olivier Montfort, président d'EMI Music France. Ce binôme permet d’envoyer un signal fort, qui est que le Snep a bien compris que la mutation et la numérisation étaient au cœur de l’évolution des modèles, et qu’il faut aider l’ensemble de la profession à s’adapter à cette transition.
M. I. : Ne craignez-vous pas que le choix d’un profil comme le vôtre suscite les critiques en interne, d'autant que vous n’avez pas toujours été tendre avec les majors ?
D. L. : Le business model de Believe est basé, effectivement, sur le choix de ne pas produire de musique. Néanmoins, nous distribuons et représentons de nombreux petits producteurs. Ainsi, même si nous ne sommes pas plongés dedans, nous connaissons bien les problématiques des producteurs. Et puis je me suis demandé si les intérêts des majors, des indépendants et de distributeurs tels que nous étaient vraiment convergents. Dans 99 % des cas, la réponse est positive. On m’a déjà fait remarqué, depuis mon élection, que j’avais souvent pointé la responsabilité des majors dans le ralentissement du marché numérique. Ce sont des propos que je ne m'interdis pas de tenir à nouveau, parce que c’est une réalité et que l’objectif est de faire avancer les choses. Maintenant, est-ce que les majors portent à elles seules la responsabilité de ce ralentissement ? La réponse est : « non ». Même si elles avaient été plus rapide sur les DRM et la disponibilité des catalogues, le marché aurait peut-être été de 20 ou 30 % plus important, mais n’aurait certainement pas pesé le double de ce qu'il pèse aujourd'hui.
M. I. : Envisagez-vous un travail plus collaboratif avec l’Ufpi ?
D. L. : Mon intention est de clarifier les discours des producteurs auprès du gouvernement et des politiques, d’un côté, et du public, de l’autre. Je suis convaincu qu’il y a peu de divergence d'intérêt avec les indépendants. Donc l’un des chantiers et de touver une voie commune avec l’Upfi sur le plus de sujets possibles, car cela participera, à mon sens, à la clarification du discours. Il me paraît important d'établir des prises de position communes avec l’Upfi.
M. I. : Clarifier le message auprès du public, par quoi cela passerait-il ?
D. L. : Par le biais, notamment, d’un axe de travail : établir des passerelles avec d’autres syndicats, comme ceux de la presse, de l’édition et du livre. Car je pense que leurs problématiques face à la numérisation sont strictement identiques aux nôtres. C’est important que de faire comprendre à tout le monde que les solutions que l’on met en place pour la musique vont être déterminantes pour les autres industries. Et puis il faut clarifier le discours sur ce qu’est une industrie de production de contenu : quel est son modèle ? Comment fonctionne-t-elle ? Quelle est la répartition dans la chaîne de valeur ? Combien gagne un artiste ?...
Recueilli par Romain Berrod
02/07/10




ADELE
ADELE
SHAKIRA
ADELE
MULTI INTERPRETES






















