INTERVIEWS - DÉCIDEURS
Il a créé le buzz en plein Midem en prenant la place de Jonathan Benassaya au poste de directeur général de Deezer. Axel Dauchez a rencontré Musique Info pour nous dévoiler sa stratégie à venir. Voici les premières réponses de l'interview publiée dans notre numéro du 22 mai.
M. I.: Vous annoncez la signature d'un accord avec Discograph. À combien de titres cela porte-t-il votre catalogue désormais ?
A. D. : Nous sommes aujourd'hui à 7 millions de titres. Ensuite, il y a deux natures de complément. Ce sont soit de petits catalogues très pointus, pas forcément importants en taille mais qui, pour ceux qui aiment la musique, ont beaucoup de valeur. Et puis ce sont quelques gros agrégateurs internationaux. Avec leur arrivée chez Deezer, nous devrions monter à 9 millions de titres, et ce cap devrait être atteint avant la fin de l'année. La normalisation de Deezer rend tout beaucoup plus facile aujourd'hui.
M. I.: Quelles sont vos relations avec les maisons de disques ? Recoupez-vous désormais vos avances ?
A. D. : J'ai beaucoup de chance car je n'ai pas connu le passé et j'arrive à un moment qui correspond à un basculement. Deezer est un modèle double : en gratuit, c'est un média, et nous avons également un volet payant avec le Premium. C'est très important car les deux ont une raison d'être absolument autonome et un sens propre, indépendamment d'avoir du gratuit qui permet de recruter du payant. Aujourd'hui sur la partie média nous avons à peu près six à sept millions de visiteurs uniques par mois, sur la France, et faisons l'audience d'une des cinq premières radios FM musicales. Au-delà de cela, nous sommes désormais un véritable écosystème d'émergence : un artiste inconnu que nous mettons en avant sur Deezer va entrer 20ème chez iTunes le lendemain. Nous avons une logique éditoriale très pointue qui se place à deux niveaux. Grâce à une équipe éditoriale autonome qui a ses coups de cœur, ses coups de gueule et qui construit une véritable relation dans la durée avec les deezernautes, déjà. Ensuite, nous avons des accords de partenariat avec certains autres médias, comme les Inrocks, dans une logique de qualification sur certains thèmes musicaux. Nos relations avec les maisons de disques changent à cause de cela, principalement. Il y a dix ans, dans un marché où le retail avait une place très importante, le travail fait autour des têtes de gondoles créait de vrais ascenseurs pour certains artistes. Aujourd'hui nous reproduisons ces ascenseurs qui n'existent plus dans le retail. Nous avons mis en place pour les maisons de disques tout un service en extra net où ils trouvent la démographie de chaque titre écouté, le nombre de renvois vers iTunes, etc. Un outil de pilotage qu'ils n'ont jamais eu jusque-là. Enfin, pour ce qui est des avances, nous atteignons le seuil de l'équilibre pour la première fois cette année. Les avances ne sont donc plus aujourd'hui un enjeu de survie mais de rentabilité. Cela reste un gros problème, nous sommes en discussion permanente avec les maisons de disques, mais cela change tout que ce ne soit plus un enjeu de survie.
Recueilli par M. Ph-B
Retrouvez l'intégralité de l'interview dans notre n°517
Axel Dauchez, dg de Deezer
M. I.: Vous annoncez la signature d'un accord avec Discograph. À combien de titres cela porte-t-il votre catalogue désormais ?
A. D. : Nous sommes aujourd'hui à 7 millions de titres. Ensuite, il y a deux natures de complément. Ce sont soit de petits catalogues très pointus, pas forcément importants en taille mais qui, pour ceux qui aiment la musique, ont beaucoup de valeur. Et puis ce sont quelques gros agrégateurs internationaux. Avec leur arrivée chez Deezer, nous devrions monter à 9 millions de titres, et ce cap devrait être atteint avant la fin de l'année. La normalisation de Deezer rend tout beaucoup plus facile aujourd'hui.
M. I.: Quelles sont vos relations avec les maisons de disques ? Recoupez-vous désormais vos avances ?
A. D. : J'ai beaucoup de chance car je n'ai pas connu le passé et j'arrive à un moment qui correspond à un basculement. Deezer est un modèle double : en gratuit, c'est un média, et nous avons également un volet payant avec le Premium. C'est très important car les deux ont une raison d'être absolument autonome et un sens propre, indépendamment d'avoir du gratuit qui permet de recruter du payant. Aujourd'hui sur la partie média nous avons à peu près six à sept millions de visiteurs uniques par mois, sur la France, et faisons l'audience d'une des cinq premières radios FM musicales. Au-delà de cela, nous sommes désormais un véritable écosystème d'émergence : un artiste inconnu que nous mettons en avant sur Deezer va entrer 20ème chez iTunes le lendemain. Nous avons une logique éditoriale très pointue qui se place à deux niveaux. Grâce à une équipe éditoriale autonome qui a ses coups de cœur, ses coups de gueule et qui construit une véritable relation dans la durée avec les deezernautes, déjà. Ensuite, nous avons des accords de partenariat avec certains autres médias, comme les Inrocks, dans une logique de qualification sur certains thèmes musicaux. Nos relations avec les maisons de disques changent à cause de cela, principalement. Il y a dix ans, dans un marché où le retail avait une place très importante, le travail fait autour des têtes de gondoles créait de vrais ascenseurs pour certains artistes. Aujourd'hui nous reproduisons ces ascenseurs qui n'existent plus dans le retail. Nous avons mis en place pour les maisons de disques tout un service en extra net où ils trouvent la démographie de chaque titre écouté, le nombre de renvois vers iTunes, etc. Un outil de pilotage qu'ils n'ont jamais eu jusque-là. Enfin, pour ce qui est des avances, nous atteignons le seuil de l'équilibre pour la première fois cette année. Les avances ne sont donc plus aujourd'hui un enjeu de survie mais de rentabilité. Cela reste un gros problème, nous sommes en discussion permanente avec les maisons de disques, mais cela change tout que ce ne soit plus un enjeu de survie.
Recueilli par M. Ph-B
Retrouvez l'intégralité de l'interview dans notre n°517



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