Pour vous abonner à la newsletter, inscrivez-vous ici   Vous êtes abonné, identifiez-vous
INTERVIEWS - ARTISTES

Izia

Izia Elle a été, avec Benjamin Biolay, la sensation de ces Victoires de la musique 2010, repartie avec le trophée de la Révélation scène et celui de l’Album rock de l’année, pour Izia. La très fraîche progéniture de Jacques Higelin partage son enthousiasme avec Musique Info le temps d’une interview totalement décomplexée.

Musique Info : Vous avez décroché deux Victoires samedi dernier. On a le sentiment que tout est allée extrêmement vite pour vous…
Izia : Je vis cela très bien, ça n’est pas une rapidité dérangeante, au contraire c’est très agréable. Tout est arrivé de façon très naturelle, comme si j’avais eu la chance de suivre le parcours parfait. Je n’aurais pas pu rêver mieux et il est vrai que lorsque que je me retourne sur mon court parcours, c’est assez hallucinant. J’imagine que beaucoup doivent trouver cela injuste car je n’ai jamais eu à galérer. Bien entendu, les mauvaises langues diront que c’est grâce à mon nom et je ne sais pas, peut être que c’est le cas en effet, mais quoi qu’il en soit, je suis bien consciente de ma chance et la savoure largement. Après, plus la montée est rapide, plus la chute peut être vertigineuse et douloureuse donc il va falloir que je fasse attention…

M. I. : Comment s’est faite la rencontre avec votre manager, Sébastien Farran ?
I. : Sébastien est venu vers moi un jour, il avait envie de me rencontrer. Il m’a présenté sa façon de voir la suite me concernant et cela m’a beaucoup plu. J’ai aimé son entrain, son optimisme, son envie et tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est. Il parle du projet avec un entrain qui m’a fait penser au mien quand j’en parle. J’ai donc tout de suite eu envie de travailler avec lui. Et dans ce domaine, j’ai encore beaucoup de chance car ça se passe extrêmement bien entre nous.

M. I. : Plusieurs maisons de disques étaient venues vous draguer et vous avez finalement décidé de signer chez AZ. En quoi est-ce un label qui vous correspond ?
I. : Parce que je le trouve rock n’ roll. Valery Zeitoun a été d’accord pour ne pas dénaturer ma musique, pour qu’elle reste super rock alors que c’est beaucoup plus difficile à travailler, notamment auprès des radios, je m’en rends bien compte aujourd’hui. J’aime cette confiance qu’il m’a donnée. Il me laisse très libre de mes mouvements et heureusement d’ailleurs car j’ai beaucoup de mal à écouter ce que l’on me dit ! Je ne laisserai jamais d’autres gens décider pour moi quelle musique je dois faire mais, bien entendu, je leur fais écouter ce que je suis en train de faire.

M. I. : Comment travaillez-vous ? Quels sont la place et le rôle de Sébastien Hoog, votre guitariste ?
I. : Le premier album a été fait à plusieurs avec les autres membres du groupe, sur la route. C’est vraiment un album de live. Nous travaillons plus en binôme avec Sébastien sur le second album, qui devrait sortir fin 2010. Pour tout ce qui est des textes, c’est moi. Mes chansons sont assez autobiographiques, mais pleines de sous-entendus. J’ai besoin de chanter des choses par lesquelles je me sens concernée. J’ai une écriture assez automatique, les mots sortent un peu tous seuls sans que j’aie décidé au préalable de parler de tel ou tel sujet. C’est mon inconscient qui travaille, qui me dicte comment je me sens à un moment précis.

M. I. : Et cela, toujours en anglais ?
I. : Oui, parce que je n’ai jamais rien écrit en français qui me plaise. Si c’est un jour le cas ou si quelqu’un me propose un texte formidable en français, j’irai peut être dans cette direction. Je n’ai pas de rejet pour ma langue natale mais pour le moment c’est avec l’anglais que je me sens la plus à l’aise.

M. I. : Quels artistes pourraient vous servir de modèle?
I. : Je voue un vrai culte à Patti Smith. J’aime aussi beaucoup Iggy Pop.

M. I. : Et y a-t-il des artistes avec qui vous rêveriez de collaborer ?
I. : Pour le moment, je me suis concentrée sur mon nombril et sur celui de Sébastien ! J’avoue ne pas y avoir réfléchi du tout.

M. I. : Vous ne semblez pas du tout gênée par votre filiation et, contrairement à d’autres « fils de », vous revendiquez même le nom de votre papa. C’est plutôt une chance d’être la fille de Jacques Higelin ou, au contraire, avez-vous le sentiment que vous devez, peut-être plus que d’autres, faire vos preuves ?
I. : Tout cela me passe un peu au-dessus de la tête pour être honnête. J’adore mon père et nous avons une relation très forte. Je n’ai aucun problème à parler de lui car je suis très fière de ce qu’il est en tant qu’être humain, et de ce qu’il fait comme artiste.

M. I. : Réfléchissez-vous à des collaborations avec lui ou avec votre frère Arthur ?
I. : Nous avons déjà fait quelques duos sur scène, mais jamais rien sur disque. Mais oui, bien sûr j’aimerais beaucoup qu’un trio soit un jour enregistré.

M. I. : Sébastien Farran m’a dit que vous étiez étonnamment prête, pour une jeune femme de 19 ans, à gérer tout ce qui vous arrive. Comment expliquez-vous cette solidité qui se dégage de vous ?
I. : Je ne sais pas si je me sens prête ou pas mais je prends les choses comme elles viennent et je me suis rendue compte que cette façon de faire marchait plutôt bien ! Je ne me pose pas trop de questions, hormis lors de mes pics de stress pendant lesquels je me bloque dans une espèce de cocon, un peu autiste et parano ! Sinon je vis les choses comme elles arrivent. Là, par exemple, je ne réalise pas vraiment les deux Victoires. C’est peut-être pour ça que j’ai l’air si forte, parce que je ne comprends rien !

M. I. : Et les premières parties de Motorhead ou Iggy Pop, même pas peur ?
I. : Non, je fais juste ce que l’on me dit de faire et ce qui me donne envie. Je me laisse vraiment porter, par la musique, par ma vie, par les évènements, c’est ça ma force. Peut-être qu’un jour je vais réaliser et d’un seul coup me dire « Oh putain ! »

M. I. : Vous vous êtes construite par la scène. Est-ce que c’est l’élément moteur, qui prend le dessus sur l’enregistrement studio?
I. : J’aurai dit ça l’année dernière, je pense, mais récemment nous sommes partis à la campagne avec Sébastien Hoog pour enregistrer de nouveaux titres et j’ai adoré, beaucoup plus que pour le premier album où ça me saoulait d’aller faire mes prises le matin ! Cette fois-ci j’ai pris un vrai plaisir à faire de la musique, trouver des arrangements, etc. Retourner vers la composition m’a éclatée et je me suis rendue compte que ça m’avait beaucoup manqué. Je crois qu’aujourd’hui j’ai besoin des deux, alors qu’avant je n’avais besoin que de la scène. C’est un équilibre très enrichissant.

M. I. : Comment vivez-vous la tournée ?
I. : Je serai en tournée jusqu’à la fin du mois de juillet. C’est un sacré rythme mais, encore une fois, je me laisse totalement porter par le public. Bien sûr que c’est fatigant et que c’est beaucoup d’investissement physique et mental car je suis très à fleur de peau, je me donne à fond, et si les gens ne réagissent pas ça me touche, c’est d’ailleurs un problème qu’il faut que je règle ! En tous cas, je ne peux pas me passer de la scène. Là, je n’ai pas joué depuis 10 jours et je n’en peux plus, je n’ai qu’une envie, remonter sur scène.

M. I. : Comment envisagez-vous votre carrière ? Est ce que pour vous la voie serait plutôt celle de l’international ? Vous partez en mai pour la Chine je crois…
I. : Je kiffe déjà beaucoup ce qui m’arrive mais j’avoue que ça me ferait très plaisir de me développer à l’international. Nous partons en effet en Chine, je suis très impatiente car on m’a dit que les Chinois vivaient à fond les concerts de rock, encore plus hystériquement que partout ailleurs. Nous allons faire également deux dates à la Réunion. Quel bonheur que de prendre l’avion pour aller jouer au soleil !

M. I. : Vous êtes, après MGMT, le nouveau visage de Petit Bateau. Vous avez dit oui tout de suite ? Est ce que vous estimez qu’à notre époque les artistes doivent multiplier les sources de revenus et que la pub en fait naturellement partie ?
I. : L’image de cette publicité est belle, l’esprit est beau. J’aurais vraiment été la dernière des connes si j’avais refusé ! J’ai eu le sentiment de faire quelque chose de réussi, et pas l’impression de me vendre. C’était d’ailleurs pour moi plus une source de reconnaissance - car c’est ma musique, on voit ma tête, avec mon nom, on parle de moi - qu’une source de revenus. J’ai fait ça parce que c’était la classe mais je ne compte pas refaire de publicité avant un bon bout de temps, à moins que je ne tombe sur un projet qui me plaise autant que celui-ci

Recueilli par Maud Philippe-Bert

En photo : Izia avec son manager, Sébastien Farran


Imprimer Partager sur facebook

A LIRE AUSSI
Air : Air : "Nous réfléchissons à une tournée avec une véritable ambition artistique"
Hubert-Félix Thiéfaine : « En trente ans, on a fait de gros efforts sur les salles de spectacles »Hubert-Félix Thiéfaine : « En trente ans, on a fait de gros efforts sur les salles de spectacles »
Selah Sue : Selah Sue : "Je sais très bien dans quelles proportions je veux m'investir"
Arthur H : Arthur H : " Je ne peux pas faire une musique qui ne soit pas charnelle"
Tom Barman (dEUS) : Tom Barman (dEUS) : "On s'est sentis voulus, on a donc voulu y aller !"
Moriarty : « On ne souhaitait pas faire du 360° »Moriarty : « On ne souhaitait pas faire du 360° »
Jared Leto, Thirty Seconds To Mars : « Nos fans l'auraient senti si notre démarche n'était pas sincèreJared Leto, Thirty Seconds To Mars : « Nos fans l'auraient senti si notre démarche n'était pas sincère"
Joseph (Metronomy) : Joseph (Metronomy) : "Quand je crée ma musique, je m'imagine en père de famille"
Cali : « Si on avait suivi l'ordre normal des choses, un CD devrait coûter aujourd'hui 10 € »Cali : « Si on avait suivi l'ordre normal des choses, un CD devrait coûter aujourd'hui 10 € »
Hindi Zahra : Hindi Zahra : "Je n'étais pas du tout intéressée par l'enregistrement d'un disque"

Vos réactions

Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

obtenir un autre code

Ce mois-ci

couv

Abonnement

Découvrez notre offre d’abonnement à Musique Info.

Sondage

Le Centre national de la musique (CNM), dont la naissance devrait être officialisée lors du Midem, a-t-il une chance d'être opérationnel avant les élections présidentielles ?




Charts

Photos

Voir toutes les photos