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INTERVIEWS - ARTISTES

Etienne Daho

Etienne Daho

Etienne Daho est le président de la nouvelle édition du Prix Constantin, qui se déroule le 17 novembre 2008 à l'Olympia.

Selon vous, que représente le Prix Constantin ?
C'est un encouragement de la profession à destination de dix artistes. Cela devrait leur permettre de gagner du temps, grâce à une exposition médiatique dans un moment où c'est si compliqué pour l'industrie de la musique et surtout pour les gens qui débutent. Je trouve qu'il y a un ton dans ce Prix, une envie de mettre en lumière des artistes un peu différents.

Que signifie d'avoir été choisi pour présider ce Prix ?
Philippe Constantin a été mon premier éditeur. C'est lui qui m'a signé. Il y a donc forcément l'envie de lui rendre un hommage. C'est quelqu'un qui a eu un œil sur moi pendant très longtemps, qui m'a beaucoup aidé quand j'étais débutant. Un prix qui porte son nom donne un genre de responsabilités. C'était un véritable aventurier, quelqu'un qui aimait vraiment la musique et qui n'hésitait pas à foutre le bordel pour que les choses se passent. Il faisait ce métier pour s'amuser et découvrir des talents.

Création et Internet vient tout juste d'être voté au Sénat. Que pensez-vous de cette initiative française ?
« Tout travail mérite salaire, y compris pour les artistes », disait justement Dutronc et tout le monde le comprendra. À l'ère du streaming, cette loi arrive un peu tard, mais il était impératif que l'on trace une ligne de respect pour la reconnaissance de la valeur nos œuvres et de leur juste rétribution. Je suis un artiste et aussi un internaute. Je suis pour la pédagogie. Les peines qu'encouraient les fraudeurs auparavant étaient ridiculement lourdes. Pénaliser uniquement les internautes qui fraudent ne règlera cependant pas tout. C'est comme s'attaquer aux drogués sans tenir compte du dealer. Cela ne servirait pas à grand-chose. Il faut responsabiliser les FAI au même titre que les internautes qui fraudent et mettre fin à un système de complaisances. La musique et le cinéma sont la nourriture du haut débit, tout le monde le sait. Il faut donc régulariser cette situation perverse qui a affaibli la filière musicale et toutes les catégories de métiers qui l'accompagnent : les studios, ingénieurs du son, graphistes, vidéastes, personnel des usines de fabrication, j'en passe...

Recueilli par Maud Philippe-Bert


Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le prochain numéro de Musique Info Hebdo, à paraître le 14 novembre.


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