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INTERVIEWS - ARTISTES

Charlie Winston

Charlie Winston Il a écoulé près de 15 000 exemplaires de son album Hobo en première semaine. Pause-café à Bastille avec le chouchou anglais du moment, Charlie Winston.

Vous êtes entré directement troisième du Top Albums avec ce que l'on peut considérer comme votre premier album, Hobo. Comment gérez-vous ce succès sidérant ?
C'est très excitant. Beaucoup de gens me demandent si ça n'est pas trop effrayant mais non, je n'ai pas peur ! Il faut dire que je n'ai en fait pas vraiment le temps de penser à ce succès soudain car il y a beaucoup à faire, notamment en termes de promotion, ce qui fait aussi partie du jeu. Je dois tout de même avouer que j'ai hâte d'avoir à nouveau un peu de temps pour moi, pour écrire de nouvelles chansons. Quatre déjà sont prêtes dans ma tête mais pour l'instant je n'ai pas le temps de m'y consacrer.

Et comment l'expliquez-vous, ce succès ?
A chaque fois que j'ai fait des concerts à Londres, beaucoup de gens m'ont dit que ma musique allait énormément plaire en France. Je pense que ma façon d'écrire des chansons plait au public français. J'ai aussi beaucoup fait de théâtre, mon projet artistique allie donc vraiment musique et théâtre. Dans un pays comme la France, qui a une longue histoire avec le théâtre, cela fonctionne bien. Mais mis à part cela, il m'est très difficile d'expliquer ce qui m'arrive aujourd'hui !

Votre album est-il déjà sorti dans d'autres pays ?
Nous utilisons le marché français comme rampe de lancement. L'album devrait sortir prochainement en Belgique et en Suisse. Mon manager est en train de travailler sur la sortie dans les territoires anglophones mais nous ne sommes pas pressés. L'Angleterre est tellement saturée de musique qu'ils ont besoin que ça bouge à l'extérieur de leurs frontières pour s'intéresser de près à un artiste. De plus, ils aiment pouvoir faire entrer les projets dans des catégories et ma musique est à cheval sur plusieurs catégories donc c'est un peu compliqué. J'ai joué de très nombreuses fois en Angleterre et je sais que le public anglais aime ma musique mais intéresser les médias et la filière est une autre paire de manches.

Cela fait trois semaines que l'album est également premier des ventes sur iTunes en France (5000 albums vendus, 15 000 titres). Pensez-vous que les ventes digitales parviennent un jour à rémunérer l'ensemble des maillons de la chaîne sur un album ?
Oui, je le pense. C'est désormais un marché qui se développe grâce à l'arrivée des nouvelles générations, celles qui n'ont jamais mis les pieds chez un disquaire et qui, quand elles veulent écouter de la musique vont directement sur internet.
Mais pour moi, tout le travail graphique est aussi très important pour un album. Je veux donner une vraie raison aux gens d'acheter l'objet et aussi de retrouver les noms de toutes les personnes créditées.

Comment voyez-vous le futur de la musique ?
Je pense que la musique live va prendre de plus en plus d'importance. A l'heure de la baisse catastrophique des ventes de disques, le live est devenu une part importante des ressources d'un artiste et je trouve cela très bien. Les tournées deviennent ainsi de plus en plus excitantes. Par ailleurs, il y a de plus en plus de moyens différents de faire découvrir sa musique aujourd'hui. Par exemple, mon frère - Tom Baxter, signé chez EMI, NDLR- a fait un concert à Londres. Les gens présents recevaient en arrivant un boîtier, vide, avec un livret dont tout le graphisme était réalisé par Tom. Et lorsqu'ils rentraient chez eux, ils pouvaient télécharger sur le net l'intégralité du concert auquel ils avaient assisté le soir même. C'est une façon de combiner musique live et musique enregistrée et je pense que c'est vers cela qu'il faut aller.

Un sujet prégnant au Midem était la relation entre l'artiste et ses fans. Est-ce une chose à laquelle vous faites attention ?
J'essaie à travers mon Myspace et mon Facebook de rester en contact avec mes fans. Jusqu'à maintenant j'ai toujours répondu personnellement à chaque message. J'avoue que c'est un peu plus compliqué depuis que l'album est sorti...

Revenons un peu sur votre histoire. Comment avez-vous découvert la musique ?
Mes parents étaient des chanteurs folk, pas célèbres, mais dans le circuit. Lorsque j'ai eu deux ans, ils ont acheté un hôtel qu'ils ont quasiment transformé en cabaret. J'ai ainsi été en contact avec énormément d'artistes pendant toute mon enfance. Pour mes frères et moi, la musique était une chose totalement naturelle.

Comment s'est ensuite faite la rencontre avec Peter Gabriel et son label, Real World ?
Je jouais de la basse avec mon frère et il a enregistré dans le studio de Real World. Peter Gabriel était présent quand nous avons enregistré, j'ai fini par lui donner un disque avec ma musique. Nous avons ensuite discuté pendant près d'un an puis il a décidé de me signer.

L'étape suivante a été la rencontre avec Marc Thonon d'Atmoshériques...
Oui, j'ai ensuite décidé de voyager et en me baladant à Paris je suis tombé sur Medi de Medi & the Medicine Show que je connaissais de longue date. Il m'a présenté a beaucoup de gens puis de fil en aiguilles Marc a eu accès à ma musique et m'a envoyé un email me disant qu'il aimerait beaucoup que nous travaillions ensemble.
Je suis donc signé chez Real World et en licence chez Atmosphériques. Mais nous avons fait un travail énorme avec Marc et Atmosphériques. C'est eux qui m'ont envoyé en studios pour retravailler l'album, qui ont produit le clip de Hobo, ont réalisé la pochette... Je n'aurais jamais pu espérer une meilleure équipe à mes côtés. Ils sont passionnés, ils sont enthousiastes, ils m'acceptent tel que je suis. Marc dirige son label comme quelqu'un de très humain, passionné de musique, plus que comme un chef d'entreprise. Il n'hésite pour autant pas à prendre des risques et je trouve cela formidable. Il insuffle quelque chose de très créatif à toute son équipe, nous avons la même approche envers la musique, c'est donc une très bonne combinaison pour moi.

Vous envisagez la suite avec Atmosphériques ?
Absolument. Jamais je n'irai signer en major, j'ai tellement besoin d'une structure à taille humaine, qui s'occupe bien de moi !

Une petite souris m'a dit que ce matin vous rencontriez un autre artiste du label, Wax Tailor...
Oui, la rencontre a été très cool. Il a plusieurs tracks qu'il m'a fait écouter. Je vais probablement écrire une chanson pour un des titres.

Y a-t-il d'autres artistes français avec qui vous envisagez de collaborer ?
Oui, avec Medi nous travaillons ensemble de temps en temps. Je rencontre fréquemment Daby Touré également, avec qui nous discutons. J'aimerais par ailleurs beaucoup travailler avec Catherine Ringer. Ce serait très intéressant car elle a une part de folie en elle, qui m'attire beaucoup.

J'imagine que vous avez beaucoup de projets de concerts...
En effet, nous avons pas mal de dates de calées. Depuis la sortie de l'album, mon agent ne cesse d'être appelé par les festivals qui veulent que je vienne jouer. Des dates sont aussi prévues en Suisse ou en Belgique. J'ai beaucoup de chance.
Recueilli par Maud Philippe-Bert


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