Camélia Jordana : « J'adorerais écrire pour Vanessa Paradis »
A l'inverse d'un Soan passé complètement inaperçu, l'ex-Nouvelle Star Camélia Jordana, sortie en demie finale de l'émission l'an dernier, voit son premier album, mélange de pop soyeuse et de chanson joliment mélancolique, prendre le chemin du succès. Mais la nouvelle coqueluche du public ne compte pas en rester là : elle attaque la scène pour une longue tournée et se verrait bien prendre la plume, pour son deuxième opus.Musique Info : Votre album figure dans les dix meilleures ventes depuis sa sortie. Qu’est-ce que cela vous procure ?
Camélia Jordana : Je suis très surprise, en fait. Je pense que c’est en partie dû à « l’effet Nouvelle Star ». J’espère surtout que ça va durer et que mon prochain album fonctionnera aussi bien ! Je suis contente, bien sûr, mais n’ai pas trop envie de penser aux ventes, en fait. Je veux rester concentrée sur mon travail, sur le plaisir que je prends à faire de la musique, à être sur scène et aussi en studio.
M. I. : Quel souvenir garderez-vous, avec un peu de recul, sur Nouvelle Star ?
C. J. : J’en garde, déjà, un excellent souvenir de par les rencontres que j’y ai faites, tant au niveau des candidats que de la production, des journalistes, des équipes de tournage… Ensuite, c’était une expérience très enrichissante pour moi. Nouvelle Star m’a aidé à gérer mon trac, par exemple. En ce moment, quand je monte sur scène, j’ai très peu de trac, même si ça peut sembler très étrange. Et puis, maintenant, je sais parler devant une caméra, je n’ai aucune appréhension, que l’on soit en direct ou non, quelque soit le nombre de spectateurs qui sont censés regarder l’émission. Nouvelle Star prépare bien au métier, en quelque sorte.
M. I. : Comment vit-on ce qui vous arrive à seulement 17 ans ?
C. J. : Au début, j’avais pas mal de pression, maintenant, beaucoup moins. Il y a l’excitation d’aller de l’avant, de faire en sorte que ça continue. Et il y a aussi beaucoup d’envie. L’envie d’écrire notamment, sur le prochain album, et d’imprimer un peu plus ma patte. J’aimerais aussi, pourquoi pas, mettre mon nez dans les arrangements. Peut-être pas encore faire de la réalisation, on n’y est pas, mais cela me tente. J’ai envie d’y mettre un peu plus de moi, même si les gens avec lesquels j’ai travaillé sur cet album sont des artistes que j’estime énormément, tant du point de vue humain qu’artistique. Il y a une cohérence totale qui fait que j’assume parfaitement de ne pas avoir réalisé, écrit ni composé l’album. Mais c’est forcément moins personnel.
M. I. : Toutes ces personnes dont vous parlez, Babx, L, Jean Felzine, Mathieu Boggaerts, L, Abel K1 et Séverin, c’est vous qui les avez choisis ou votre entourage professionnel ?
C. J. : De tous les gens avec lesquels j’ai travaillé sur l’album, je n’en connaissais aucun. La grande majorité d’entre eux ont écrit des textes spontanément, et j’ai adhéré tout de suite. Sauf Babx, avec lequel l’histoire est un peu différente. Je suis entré un jour dans le bureau de Jan Ghazi, mon directeur artistique, qui écoutait Lettera de Babx, et j’ai eu un coup de foudre. Je voulais impérativement travailler avec lui. Jan le connaissait un peu et l’a appelé en lui proposant d’écrire pour moi. Mais, comme à son habitude, il a refusé. Pendant Nouvelle Star, ses musiciens lui ont parlé de moi et, de mon côté, j’ai un peu insisté. Au final, nous nous sommes rencontré pour la réalisation de l’album. Et puis, là, j’y suis allé au culot, en lui disant : « Au fait, mes chansons, ça en est où ? ». Il a jeté un œil à mon directeur artiste, puis m’a dit qu’il avait deux titres qu’il me les ferait écouter le lendemain. Ce qui était totalement faux, il a écrit Diva et Tombée de haut en une ou deux nuits…
M. I. : L’album donne l’impression d’un paradoxe : c’est un disque qui cible les trentenaires, mais qui est chanté par une jeune fille de 17 ans. Assumez-vous ce paradoxe ?
C. J. : Cela fait plus d’un an que je ne vis qu’avec des trentenaires, que je travaille avec des trentenaires, que j’ai une vie de trentenaire, en somme. Sans trop le vouloir, je me situe à moitié dans cette tranche d’âge. Et en même temps, les morceaux que je chante, je les ai choisis parce que je me sentais concernée par ce qu’ils racontaient.
M. I. : Auriez-vous écrit le même genre de texte, si vous aviez fait l’album par vous-même ?
C. J. : Qualitativement, je ne pense pas parvenir à écrire aussi bien qu’eux. Mais en ce qui concerne le sens, oui. Et en même temps, cet album parle beaucoup d’amours déçus : ce sont des morceaux qui me concernaient parce que je n’allais pas très bien au moment où on me les a fait écouter et où je les ai choisis. Aujourd’hui, maintenant que la vie va beaucoup mieux pour moi, si je commence à travailler sur l’écriture d’un nouvel album, mes textes seront certainement différents.
M. I. : Y a-t-il des interprètes pour lesquels vous aimeriez écrire un texte ?
C. J. : C’est assez ambitieux, ça ! J’adorerais écrire pour une fille comme Vanessa Paradis. Elle a un côté super hype, elle a la classe. J’ai toujours détesté sa voix quand elle était petite. Mais ses albums d’adulte sont intéressants, même si on ne peut pas considérer qu’elle soit une chanteuse « à voix ». Mais elle un timbre à part, une certaine malice, une espèce de soufflement, que j’aime beaucoup.
M. I. : On parle beaucoup de votre timbre de voix un peu jazzy, qui s’est illustré avec la reprise de Louis Amstrong lors de Nouvelle star. Est-ce que ça fait partie de vos influences ?
C. J. : Mon père avait un disque de grands classiques de jazz et de blues, sur lequel figurait le What a wonderful world de Louis Amstrong. Je l’écoutais tout le temps et lui râlait. Peut-être que sans le savoir, ça m’a un peu formé les oreilles, mais il faut savoir qu’en dehors de cet album, que j’ai écouté toute mon enfance, je n’écoute absolument pas de jazz. Après, pour ce qui est de mes influences, en tout cas pendant l’enregistrement de l’album, mes quatre piliers étaient Lily Allen, Kate Nash, Cocorosie et Herman Dune. Mais c’est vrai qu’on ne les retrouve pas du tout lorsqu’on écoute le disque. En travaillant avec des gens que je ne connaissais pas, je me suis rendu compte que chacun avait apporté sa petite touche personnelle, avec ses propres influences, et qu’au final, ça donnait du « moi » et pas du Lily Allen à la française.
M. I. : La fameuse reprise de What A Wonderful World ne vous donne-t-il pas envie, un jour, de faire un album de jazz ?
C. J. : Honnêtement, je ne pense pas. Si je devais faire un disque un peu « différent », je me pencherais plus du côté de la soul. J’adore vraiment chanter de la soul. En dehors de cette reprise de Louis Amstrong, qui a une petite histoire et que je chante sur l’album d’André Manoukian, je ne suis pas très réceptive au jazz. En même temps, j’ai 17 ans et je sors seulement mon premier album ! Touchons du bois : si je fais lune longue carrière, ça pourrait peut-être arriver.
M. I. : Parmi les premiers remerciements, dans votre album, vous citez Jan Ghazi, votre directeur artistique. Dans quelle mesure a-t-il compté pour vous ?
C. J. : Il faut bien voir que je ne connaissais personne de ce milieu avant d’enregistrer cet album. J’étais en rendez-vous avec le patron de Sony lorsque Jan est entré, gêné de déranger, je l’ai trouvé touchant. C’est là qu’on m’a dit que c’est lui qui allait s’occuper de moi. Artistiquement, c’est la personne dont j’ai été la plus proche et sans qu’il m’ait influencé, son avis a énormément compté pour moi. Et puis c’est quelqu’un de tellement cool. Quand Technikart le définit comme « un quarantenaire cool arrivé en skate », c’est vraiment ça. Il a une culture générale et musicale incroyable. Pour moi, c’est une source d’inspiration totale. Je lui ai beaucoup demandé son avis, qu’il m’a beaucoup donné.
M. I. : Avez-vous suivi le débat qui a eu lieu autour de la loi Hadopi ? Quel regard portez-vous sur le téléchargement illégal ?
C. J. : J’ai suivi ça de très loin. Personnellement, cela ne me dérange pas qu’on télécharge mon album du moment que l’on paye sa place pour venir me voir en concert. Un internaute qui télécharge n’est pas coupable juste parce qu’il veut écouter de la musique ! Ceci dit, on peut effectivement avoir l’impression de se faire voler lorsque qu’on télécharge votre musique. Donc, le système d’une amende, pourquoi pas, si son tarif est en rapport avec le prix de l’album en magasin ? Et surtout si l’argent récolté au travers de cette amende est reversé à l’artiste, aux auteurs, à la maison de disque, et pas à l’Etat.
Recueilli par Romain Berrod
Vos réactions
-
geo22 a écrit le 07/05/2011 à 16:10 :
-
Pour avoir écouté l'album de Soan et celui de Camélia Jordanna, je dois bien avouer qu'il n'y a pas photo et que Soan l'emporte.
- Signaler un abus
-
-
N38 a écrit le 20/12/2010 à 23:16 :
-
Rectification "A l'inverse d'un Soan passé complètement inaperçu" pas pour tout le monde... A quoi bon mettre cette phrase dans v/article ? Soan c'est 45 concerts de janvier 2010 à décembre 2010 et il commence à avoir un peu de gloire et bonne presse bien que la pub n'ait pas été faite pour le lauréat de l'émission ! Il est auteur, compositeur, interprète contrairement à "de tous les gens avec lesquels j’ai travaillé sur l’album, je n’en connaissais aucun..."
- Signaler un abus
-




ADELE
ADELE
SHAKIRA
ADELE
MULTI INTERPRETES






















