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INTERVIEWS - ARTISTES

Alain Bashung

Alain Bashung Pas eu besoin de chercher longtemps quel artiste mettre à l'honneur ce mois ci... Artistes ou collaborateurs de monsieur Alain Bashung commentent les trois Victoires remportées le 28 février.
Propos recueillis par Maud Philippe-Bert et Romain Berrod


Olivier Caillart, dg de Barclay, son label :
« Au delà de ces trois Victoires qui consacrent Bashung comme étant, mais on le savait déjà depuis longtemps, un artiste d'exception, un créateur de génie et un très grand chanteur, je voudrais dire, lui dire, le bonheur et le privilège que j'ai, que nous avons tous chez Barclay de travailler avec lui depuis de si longues années. On apprend tous les jours, on s'amuse beaucoup, on se fait  engueuler aussi parfois mais, il a une telle exigence envers lui-même et envers les autres, que l'on n'est jamais dans le compromis ou la tiédeur et c'est ce qui fait la différence et la longévité remarquable de sa carrière (plus de 40 ans depuis ses débuts tout de même!). Sa quête d'excellence n'a d'égale que sa modestie et son humanité alors remercions Alain, du fond du cœur, pour tout ce qu'il nous apporte. Les Victoires ne s'y sont pas trompées puisque avec 11 trophées il devient l'artiste le plus récompensé depuis leur création. »

Pascal Nègre, p-dg d'Universal :
« Alain a fait un album formidable et une tournée pendant laquelle il a été remarquable. Alain et moi, c'est une vieille histoire, qui a commencé en 1990 avec Osez Joséphine, qui avait marqué son grand retour, son  explosion. Alors oui, il est fatigué, et en même temps, il est sur scène, il est heureux et il décroche trois Victoires... »

Gaëtan Roussel, leader de Louise Attaque et réalisateur de Bleu pétrole :
« La rencontre avec Alain s'est faite de manière très naturelle, autour d'un dîner informel et ce naturel a décidé de la suite. De coups de fils pour papoter en aiguilles, il m'a dévoilé qu'il travaillait sur son prochain album et qu'il cherchait des artistes pour collaborer avec lui. Après que je lui aie proposé trois titres, nous nous sommes vus et revus, avons beaucoup discuté. Il y a quelque chose qui a fait que nous nous sommes fait confiance. Alain est quelqu'un de très exigeant, je n'étais donc pas sur une aire de jeu sans panneaux de signalisation mais ça n'était pas étroit, c'était très libre. Comme c'était la première fois que j'écrivais pour quelqu'un d'autre, j'ai trouvé tout cela très intéressant dans la démarche. »

Manset nous envoie ce fax :
« On se croisait à l'époque - vers les années 80, 85 - de façon épisodique... Lors d'une remise de prix littéraire où Alain chantait quelques tires, dont Gaby, on a eu l'occasion de renouer l'affaire... De là, quelques déjeuners au Wepler. Et cette immense surprise qu'il accepte un titre de neuf minutes : Comme un lego. Pour le reste, une de mes émotions les plus intenses a été d'entendre Vénus à l'Olympia, sorte de plante vénéneuse qu'il restitue à merveille. Je suis, comme beaucoup, un inconditionnel du personnage et de son immense humanité. Il faut avoir la chance de le connaître en privé, de l'avoir avec soi, en tête à tête, pour mesurer à quel point son élocution, particulièrement lente et choisie, est chaleureuse. Bonne route. » 

Joseph d'Anvers, auteur :
« Ca a vraiment été une fierté immense pour moi d'être retenu pour cet album. Alain Bashung, à travers ce geste,  montre qu'il a de l'audace. Il aurait pu, au niveau de carrière qui est le sien, céder à certaines recettes et s'entourer d'artistes beaucoup plus solides que moi. Il ne l'a pas fait, ne s'est pas conduit en donneur de leçons, sa manière de me traiter en égal me mettant presque mal à l'aise. Bien évidemment que les trois Victoires remportées sont largement méritées. J'ai énormément appris à son contact et je l'en remercie sincèrement. »

Jean Fauque, auteur :
 « Cette soirée des Victoires était très émouvante, Alain était très heureux et plein de sérénité... très touché, en fait. J'ai retrouvé les mêmes sensations qu'en 1999, quand il avait déjà décroché trois Victoires au moment de Fantaisies militaires. Pour moi, ces Victoires, c'est la récompense de l'exigence, mais aussi la reconnaissance d'une démarche singulière, qu'Alain n'a jamais eu peur d'adopter. Cela devrait être un sacré encouragement pour la génération actuelle, dans laquelle je trouve qu'il y a souvent trop de conformisme. Si on m'avait dit, à l'époque où l'on s'est connu, qu'Alain était serait l'artiste qui cumulerait autant de Victoires, j'aurai été drôlement surpris ! Aujourd'hui il a des projets et c'est la meilleure façon de réagir. Il veut retourner sur scène mais aussi en studio. »

Gérard Michel, p-dg de Garance Productions, son tourneur :
« Nous avons été très émus et heureux pour Alain. Et bien placés pour savoir ce que représentait cette Victoire pour sa tournée, pendant laquelle il est sorti de scène parfois épuisé mais surtout ravi et touché à chaque concert. J'ai particulièrement apprécié cette tournée, que nous avions, avec Alain, décidé d'épurer au maximum au niveau des décors et lumières, sans vouloir faire des économies à tout crin. Dès les premiers jours il s'est crée un communion avec le public. Et au fur et à mesure de la tournée, son public a rajeuni. Au final, nous avons fait des scores supérieures à ceux de la tournée précédente : en incluant des festivals, elle a réuni entre 350 et 400 000 spectateurs. »

Arthur H, un autre beau-bizarre :
 « Bashung c'est l'archétype du grand poête rock, l'ange du beau-bizarre. Comment quelqu'un de si étrange, de si solitaire peut-il être si populaire ? C'est une bonne énigme. Quand quelqu'un a du style, de l'élégance, il devient vraiment inspirant. Merci Alain. »

Bernard Chérèze, directeur artistique et de la programmation de France Inter : 
 « Trois Victoires pour Alain Bashung, c'est trois raisons d'être fier de notre profession. Depuis le tout début de sa carrière Bashung m'a donné beaucoup. La sensation rare d'explorer de nouveaux continents musicaux, la force et la valeur des mots, bleus, et la possibilité d'oser le rêve. Merci Alain. »


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