ANALYSES - DÉCRYPTAGE
Le public français est « soul », et il en redemande : porté par un album aux sons vintage, Raphaël Saadiq s'offre de nouveaux fans, et un succès inespéré.
Tout le monde l'a entendu sans le connaître forcément. De Toni ! Toni ! Toné !, son groupe des années 90, à ses productions pour D'Angelo ou Lucy Pearl (le tube de 2000, Don't Mess With My Man, c'était lui), l'Américain Raphael Saadiq s'est affirmé comme une star du New Jack et du Rn'B. En France, son nom ne restait connu que des spécialistes. Une lacune corrigée avec son troisième album solo, The Way I See It, sorti chez Columbia en février, et déjà écoulé à 40 000 exemplaires. Un joli score pour un disque de soul vintage, évoquant les grandes heures des labels Stax et Motown.
Certes, Saadiq avait déjà des fans en France. Sorti aux Etats-Unis en septembre dernier, The Way I See It s'écoule d'abord en import à 2 000 exemplaires. Columbia se montre réactif, rajoutant 5 000 exemplaires à dispo : « On a décidé de travailler très en avance par rapport à la sortie officielle, explique Pauline Duarte, chef de projet, et d'insister sur la promo et le live. » Côté médias, Télérama décerne au disque ses fameuses « quatre clefs », et l'animateur Mouloud en chante les louanges au Grand Journal de Canal +. En novembre, lors d'un concert complet au Showcase, Raphaël Saadiq achève de convaincre ceux qui ne l'étaient pas déjà : « Il a compris qu'il fallait faire du terrain, analyse Angelo, son tourneur chez Nous Productions. Pour ce concert, il est venu avec toute sa formation, sans lésiner sur les moyens. » Bref, de quoi préparer en beauté le terrain pour la sortie officielle de l'album, le 2 février 2009 : The Way... se classe 24ème des ventes, et 5ème du classement digital. Après un sujet au 20h de TF1, Saadiq grimpe même jusqu'à la treizième place du top. Résultat : le 6 avril prochain, Columbia ressortira l'album en version digipack (40 000 exemplaires), et Saadiq reviendra à Paris pour deux dates au Bataclan, les 14 et 15 avril. On parle également de festivals cet été, et d'une tournée à la rentrée prochaine.
Le succès de Raphaël Saadiq n'est pas sans évoquer celui de Seal qui, avec les reprises de standards de Soul, s'est taillé la part du lion des ventes du premier trimestre 2009. Toutes proportions gardées : la carrière plus « mainstream » du Britannique, ainsi que son duo avec Mylène Farmer en 2001, en ont fait une star populaire. Mais avec The Way..., Raphaël Saadiq à élargi son public. Selon Fred Goaty, rédacteur en chef de Muziq (qui lui consacre actuellement sa couverture), le phénomène a plusieurs explications : « maintenant que des artistes comme Prince ou Stevie Wonder se font rares, de nouveaux artistes occupent la place. Après le succès des chanteuses comme Amy Winehouse ou Duffy, on redécouvre la soul afro-américaine ; il y a peut-être aussi un effet de mode dû à l'élection d'Obama. Mais si le succès de Seal profite à la soul, Saadiq est différent : il interprète ses propres chansons. Et malgré la pochette du disque et son ambiance, ce côté rétro est un vernis : il y a des détails de production et de songwriting qui sont vraiment modernes. » Comme le souligne Angelo : « les puristes achèteront plutôt l'album de Saadiq que celui de Seal. » Heureusement qu'en France, ils sont encore nombreux. Pascaline Potdevin
Raphaël Saadiq : coup d'œil dans le rétro
Tout le monde l'a entendu sans le connaître forcément. De Toni ! Toni ! Toné !, son groupe des années 90, à ses productions pour D'Angelo ou Lucy Pearl (le tube de 2000, Don't Mess With My Man, c'était lui), l'Américain Raphael Saadiq s'est affirmé comme une star du New Jack et du Rn'B. En France, son nom ne restait connu que des spécialistes. Une lacune corrigée avec son troisième album solo, The Way I See It, sorti chez Columbia en février, et déjà écoulé à 40 000 exemplaires. Un joli score pour un disque de soul vintage, évoquant les grandes heures des labels Stax et Motown.
Certes, Saadiq avait déjà des fans en France. Sorti aux Etats-Unis en septembre dernier, The Way I See It s'écoule d'abord en import à 2 000 exemplaires. Columbia se montre réactif, rajoutant 5 000 exemplaires à dispo : « On a décidé de travailler très en avance par rapport à la sortie officielle, explique Pauline Duarte, chef de projet, et d'insister sur la promo et le live. » Côté médias, Télérama décerne au disque ses fameuses « quatre clefs », et l'animateur Mouloud en chante les louanges au Grand Journal de Canal +. En novembre, lors d'un concert complet au Showcase, Raphaël Saadiq achève de convaincre ceux qui ne l'étaient pas déjà : « Il a compris qu'il fallait faire du terrain, analyse Angelo, son tourneur chez Nous Productions. Pour ce concert, il est venu avec toute sa formation, sans lésiner sur les moyens. » Bref, de quoi préparer en beauté le terrain pour la sortie officielle de l'album, le 2 février 2009 : The Way... se classe 24ème des ventes, et 5ème du classement digital. Après un sujet au 20h de TF1, Saadiq grimpe même jusqu'à la treizième place du top. Résultat : le 6 avril prochain, Columbia ressortira l'album en version digipack (40 000 exemplaires), et Saadiq reviendra à Paris pour deux dates au Bataclan, les 14 et 15 avril. On parle également de festivals cet été, et d'une tournée à la rentrée prochaine.
Le succès de Raphaël Saadiq n'est pas sans évoquer celui de Seal qui, avec les reprises de standards de Soul, s'est taillé la part du lion des ventes du premier trimestre 2009. Toutes proportions gardées : la carrière plus « mainstream » du Britannique, ainsi que son duo avec Mylène Farmer en 2001, en ont fait une star populaire. Mais avec The Way..., Raphaël Saadiq à élargi son public. Selon Fred Goaty, rédacteur en chef de Muziq (qui lui consacre actuellement sa couverture), le phénomène a plusieurs explications : « maintenant que des artistes comme Prince ou Stevie Wonder se font rares, de nouveaux artistes occupent la place. Après le succès des chanteuses comme Amy Winehouse ou Duffy, on redécouvre la soul afro-américaine ; il y a peut-être aussi un effet de mode dû à l'élection d'Obama. Mais si le succès de Seal profite à la soul, Saadiq est différent : il interprète ses propres chansons. Et malgré la pochette du disque et son ambiance, ce côté rétro est un vernis : il y a des détails de production et de songwriting qui sont vraiment modernes. » Comme le souligne Angelo : « les puristes achèteront plutôt l'album de Saadiq que celui de Seal. » Heureusement qu'en France, ils sont encore nombreux. Pascaline Potdevin



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