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ANALYSES - DÉBATS

Musique/radios : comment apaiser les tensions ?

Musique/radios : comment apaiser les tensions ? Force est de constater que les rapports entre réseaux nationaux et filière musicale se désagrègent à vitesse accélérée ces derniers temps. Le bilan annuel de Yacast a donné aux producteurs l'occasion de constater que la situation du répertoire francophone et des nouveautés n'est pas des meilleures, avec une forte concentration de la diffusion autour de quelques titres et des diffusions qui se déportent sur des plages où l'écoute n'est pas significative. De l'autre côté, on déplore que la crise ait profondément affecté la production française, avec un volume annuel de signatures amoindri et des stratégies à l'export qui font la part belle à la langue anglaise, rendant le choix des radios plus restreint. Mais, ces constats dépassés, comment faire converger les intérêts de deux parties condamnées à travailler ensemble autour du développement des artistes ? Car la radio reste le média préféré des Français pour découvrir de la musique, selon une étude dévoilée par la Sacem. Enfin, face à la concurrence accrue du Net et à l'évolution de la consommation de musique, de quelle manière la radio doit-elle évoluer pour survivre ? Les quotas, dans leur forme actuelle, ont-ils trop vécu ? Comment les moderniser et avec quels objectifs ? Jérôme Fouqueray, directeur général de Fun Radio et RTL2, Jean Isnard, directeur des programmes de Virgin Radio et RFM, Bruno Lion, éditeur, et Marc Thonon, producteur phonographique, ont accepté de s'installer autour de notre table pour discuter de ces problématiques ensemble et tâcher d'avancer un peu... L'ensemble des propos échangés lors de cette rencontre seront retranscris dans notre numéro 526, disponible de 23 mars. D'ici là, un petit avant-goût...

Jérôme Fouqueray : Vous voulez vendre des disques, nous, nous voulons faire de l'audience. Nous avons besoin de nouveaux et bons artistes. Il y a forcément un moment où nous allons parvenir à faire converger nos points de vue.
Marc Thonon : C'est certain. Et je dirais que la tribune publiée dans Le Monde est davantage un message adressé au pouvoir public qu'à vous.
Jean Isnard : Nous avons quand même été montrés du doigt comme des malfrats...
Bruno Lion : Sur la nécessité de remettre à plat les quotas, nous sommes d'accord. Idem sur celle de remettre d'équerre le service public. De voir que pour la chanson il abandonne la cible jeune sans motif est pour le moins surprenant. En revanche, quand vous sous-entendez que David Guetta devrait pouvoir vous aider à remplir vos obligations parce que c'est une production française, là, on ne peut pas vous suivre. La notion de quota induit une notion de risque.
J. F. : Je ne comprends pas... Ce n'est pas parce que David Guetta est devenu une star qu'il n'est plus une production française. Et puis en matière de DJ, il y a plein de nouveaux talents. Nous mettons de nombreux nouveaux talents en avant, qui ne sont ni pires ni meilleurs que des artistes qui chantent en français, sauf qu'ils ne comptent pas dans les quotas. Et puis finalement pourquoi cela vous importe-t-il tellement de privilégier les ventes des artistes francophones ? Ce qui importe au final, c'est que l'économie de toute la filière progresse, c'est-à-dire les ventes de tous les artistes français -francophones ou non- ?
M. T. : Il n'y a pas une opposition de principe de la filière. Elle a beaucoup entendu l'argument de la langue et en a fait part au ministère de la Culture, qui a toujours répondu que ça ne passerait jamais au niveau de l'Europe. Alors, pourquoi ne pas se servir de l'exemple belge ? Menons le combat avec vous.
B. L. : On ne peut pas non plus jeter le bébé de la chanson française avec l'eau du bain.
J. I. : Mais il n'est pas question de la jeter, car il y a un affectif fort avec la chanson d'expression française, et parce qu'elle génère encore des tubes très forts.
M. T. : La solution pourrait effectivement passer par un quota réduit de chanson d'expression française contre un échange de production locale.
J. F. : Il reste à définir les critères de production locale. Ce qui me gène par ailleurs dans les quotas tels qu'ils sont définis actuellement, c'est qu'ils s'appliquent à tous de la même manière. Il faut que l'on puisse avoir des discussions plus souples et plus ouvertes pour que les engagements soient différents selon les radios. Aujourd'hui, nous avons un régime commun qui est le « 40/20 », soit 40 % de chanson francophone et 20 % de nouveaux talents ou nouvelles productions, et seulement quelques régimes dérogatoires.



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Vos réactions

  • LlAKINASx a écrit le 27/04/2011 à 20:25 :

  • terrain hostile a écrit le 12/03/2011 à 10:18 :

    • quand les anciens partenaires s'étripent et laissent prospérer ceux qui les poussent vers la sortie, ça pue !

    • Signaler un abus
  • Billoy a écrit le 09/03/2011 à 16:31 :

    • depuis 20 ans ce protectionnisme "à la française" a vraiment fait de lourds dégats dans la créativité musicale. Cela a forcé beaucoup d'artiste pour ne pas dire la grande majorité à se forcer à composer en français. C'est carrement une commande politique... Ce qu'on constate par rapport aux autres pays, c'est une pauvreté créative jamais égalée, des artistes frustrés au fond, et de la musique et des textes qui tournent en rond... Ce qu'il faut comprendre, c'est que composer en une autre langue que le francais assurait pendant 20 ans une pauvre visibilité dans ces medias à quota français. Le pire, c'est que le public a été matraqué de chanson française, on a manipulé les gouts des publics, et ça ça me dérange... La musique se veut un espace de liberté, vous en avez fait un secteur commercial de plus. L'argument "on veut aider les petits artistes" est très démago, car dans les actes et dans les faits ce n'est pas vrai... Si vous voulez nous aidez, nous les petits artistes, arretez de balancer des centaines de milliers d'euros dans des plans promo pour un très petit nombre d'artiste choisi, lorsque le public est matraqué à longueur de journée par le fleurons de la chanson francaise, il n'y a plus assez de place dans le cerveau pour s'interesser a autre chose... Lorsque vous me répondrez qu'on est au top de la qualité créative en france, je crois qu'il faudra envisager ....une bonne mutuelle ?

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